de Costanza Santillo



Le 5 novembre, Olivier Rousteing a annoncé son départ de Balmain à travers un communiqué de presse qui a rapidement fait le tour du monde. L’information est arrivée après plusieurs mois de rumeurs et de spéculations au sein de la communauté internationale de la mode. Rousteing occupait cette fonction depuis 2011, avec l’un des mandats les plus longs parmi ses collègues.
Né à Bordeaux en 1985, Rousteing suit ses études à l’école de mode ESMOD pendant neuf mois, puis commence sa carrière chez la maison italienne Roberto Cavalli, où il reste plus de cinq ans. Son arrivée à la maison parisienne Balmain date de 2009, en tant que responsable de création du studio, sous les ordres du créateur Christophe Decarnin. Le poste suprême lui revient deux ans plus tard, après le départ abrupt de ce dernier en avril 2011. Il n’a alors que vingt-cinq ans, devenant ainsi l’un des plus jeunes directeurs artistiques au monde, et se fait rapidement connaître pour ses créations ainsi que pour son utilisation intense des réseaux sociaux.
Au cours de ses quatorze années à ce poste, Rousteing a révolutionné de nombreux aspects de la gestion de la maison de haute couture, qui l’avaient jusque-là empêchée de devenir la puissance du luxe et l’image de l’esthétique pop qu’elle incarne aujourd’hui.
Sa première collection prêt-à-porter est présentée en octobre 2011 à Paris, quelques mois seulement après le départ de son prédécesseur. Suite aux remarques sur son anticonformisme, Rousteing cite des différences avec Decarnin : « Nos inspirations divergent. Il était plus rock, plus Bowie, plus années 1980 et pantalon, alors que j’aime les robes courtes avec des références 2000 ». Son style devient rapidement reconnaissable : vestes structurées à épaulettes, robes cloutées, teintes or et jambes dévoilées règnent sur les podiums.
Avec une présence active sur les réseaux sociaux, il rassemble plusieurs millions d’abonnés et fait de Balmain l’une des marques françaises de tête sur ces plateformes, aux côtés de Louis Vuitton et Chanel.
Parmi ses accomplissements, Balmain a développé plusieurs collaborations qui ont marqué les connaisseurs de luxe. Notamment, la collaboration avec la chaîne de prêt-à-porter suédoise H&M en 2015, un énorme succès grâce à la stratégie adoptée sur les réseaux sociaux par le directeur : « fuites » du lookbook, performances lors du défilé, soutiens de célébrités et apparitions de top models. Avec autant de couverture médiatique et d’influence sur les réseaux sociaux, cette collection a rencontré un franc succès. C’est aussi grâce à un simple hashtag accessible à tous que cette collection a pu atteindre de tels résultats : #balmainxhm, utilisé par des mannequins vedettes comme Kendall Jenner et Gigi Hadid, mais aussi par de simples acheteurs.
De plus, des collaborations individuelles avec des célébrités hollywoodiennes ont contribué à la popularité croissante de la marque. De Kim Kardashian à Beyoncé, en passant par Rihanna, Rousteing a conçu plusieurs des looks les plus emblématiques des dernières années, la plus récente étant la robe sablée portée par Tyla lors du Met Gala 2024, impressionnant tous par sa composition et sa solidité. Le directeur a également joué un rôle dans la mise en scène de la puissance française lorsque Brigitte Macron a fait une apparition dans une longue robe noire signée Balmain, lors du dîner d’État en février 2024, en l’honneur de l’émir du Qatar.
Dans le cadre de ces transformations, Rousteing a également créé le festival Balmain, organisé à ce jour à deux reprises. Le premier Balmain Festival a eu lieu en juin 2019 afin de présenter la collection masculine pendant la Fête de la Musique à Paris, transformant le défilé traditionnel en un festival de musique au Jardin des Plantes. L’événement, qui mettait en vedette mannequins et performances musicales, offrait 1 500 billets gratuits et reversait l’intégralité des recettes provenant de la vente de marchandises, de nourriture et de boissons à (RED) pour soutenir la lutte contre le sida.
Sous la direction de Rousteing, Balmain, fondée en 1945, est devenue synonyme d’un style vestimentaire opulent et pop.